«Gilets jaunes»: vers les municipales, pour canaliser la rage. Mathilde Goanec

Médiapart,

Mathilde Goanec,
30nov. 2019

Journaliste Médiapart, en charge des questions sociales

Des vraies questions, une vraie démarche, récups, renoncements, désillusions en vue, mais n’est ce pas là le lot de toute vie publique?
Il faut que les simple gens, comme on dit, reprennent le goût de se mêler des affaires politiques de leur environnement proche, pour ne pas laisser les lobbies décider pour eux..

De Jonathan Durand Folco :
“Les prochaines élections municipales en France s’annoncent passionnantes. Outre la multiplication des listes citoyennes et participatives inspirées du municipalisme (Décidons nous-mêmes, Archipel Citoyen, Nantes en commun, #NousSommes, etc.), le nouveau parti Juste Gilets jaunes fait son apparition dans le département des Vosges. Le mouvement reste très hétérogène pour le moment, avec une certaine confusion entourant la notion même de “liste citoyenne”: des bidules complètement électoralistes, des listes initiées par la France insoumise en convergence avec des mouvements sociaux, des listes inspirées du modèle de Saillans (avec l’appui des collectifs La Belle démocratie et Action commune), des listes Gilets jaunes, etc. Bref, c’est l’ébullition et le joyeux bordel, mais cela témoigne d’une démocratie vivante, tâtonnante, qui expérimente de nouvelles pratiques en fonction des contextes locaux. À suivre!”

Dans les Vosges, dominées depuis des décennies par la droite, les « gilets jaunes » franchissent le pas et se lancent dans la campagne des municipales. L’hétérogénéité idéologique du mouvement continue de désarçonner les responsables politiques locaux. L’enjeu est aussi la survie du mouvement lancé il y a un an.

Le passage ne va pas de soi. Les gilets jaunes des Vosges se lancent en politique et commencent par les municipales, dans ce territoire de petites montagnes boisées. Ici, la droite règne en maître. Dans sa main, la totalité des députés, des sénateurs, presque tous les maires du département. En embuscade, le Rassemblement national (RN), invisible sur le terrain mais qui engrange lors des scrutins nationaux des scores affolants, caracole en tête, parfois dès le premier tour. Dans les Vosges, la « gauche est laminée », complète par ailleurs Gilles Bilot, secrétaire régional d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) à Épinal.

C’est dans un tel contexte que mardi 19 novembre, le tout nouveau parti Juste Gilets jaunes, issu de l’association qui réunit les gilets jaunes du département, a organisé une réunion publique dans le village de Darnieulles, tout près d’Épinal. Près de 70 personnes sont présentes, massées dans la petite salle polyvalente concédée par la mairie, devant laquelle flotte un grand tissu jaune fluo.

« Cela devenait inéluctable, commente Grégory Brice, vice-président du parti, avant que ne débutent les débats. Finalement, on a toujours fait de la politique, en défense de la classe moyenne, rincée depuis 2008. Pour survivre, les gilets jaunes d’ici doivent évoluer, monter des listes, d’abord à l’échelon des mairies. » En somme, se réapproprier un mot, « politique », qui leur a longtemps « sali la bouche »
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