Est-ce cette obstination à maintenir un système fou,

nous menant droit au mur, qui nous empêche de rendre visible une alternative écologique, sociale, politique crédible, au moment-même où nous devrions nous reconnecter en profondeur à notre humanité ? Prenons bien conscience que c’est par l’impérieux appel du progrès qu’est légitimée la violence de nos conquêtes, ce même progrès censé nous éloigner chaque jour un peu plus de la barbarie originelle.

Mais en 2019, des enfants syriens tentaient de se suicider dans des camps où ils sont encore tenus parqués avec leur famille, et nous assistons, impuissants, à ce que nous avons juste laissé faire.
Les visages qui défilent ci-dessus sont de ceux qui pensent, comme moi, que s’indigner ne suffit plus, qu’il leur faut rendre disponible une grande partie de leur temps pour agir en phase avec ce qui leur semble juste, là où ils le peuvent, sans se préoccuper de savoir si une action de Colibri suffira réellement à changer le Monde. C’est comme une famille qui s’agrandit chaque jour, sans drapeau ni logo, sans autre contrat que celui, tacite, de rester alignés avec ce qui est digne, sincère, en lien avec l’autre.
Une de ces amies, à propos du déconfinement, disait dans un post Facebook :
“…C’était bien de marcher au milieu de la route…
… Mais le reste ?..”

Et si la Grande Pause que nous impose le Covid-19 était l’occasion de retisser nos lien, de préparer réellement un changement de voie radical et définitif ?..

Va-t-on trouver les clés du changement...

...à l'intérieur-même du système ?

Des promesses, sans cesse renouvelées, jamais tenues, pourquoi s’y accrocher ? Pourquoi croire encore, que quelqu’un, un jour, les tiendra?..

Ce ne sont pourtant pas les solutions qui manquent, même si sans doute encore éparpillées et isolées, elles semblent invisibles au commun des mortels.
Parce qu’elles font appel à d’autres logiques systémiques, qu’elles supposent une autre façon de considérer les interactions entre humains, nature, éléments ?
Parce que ça évoque une nouvelle organisation du Monde que beaucoup ne veulent même pas envisager, tant son fonctionnement actuel nous a été donné pour irremplaçable, incontournable.
Où touver la volonté politique nécessaire à la sortie du cercle vicieux qui nous a menés là où nous en sommes aujourd’hui ? Comment mettre en valeur toutes les initiatives et organisations qui fleurissent, un peu partout, et puis, au bout du compte, comment, de tout ça,  “Faire Système” ?
C’est un peu le challenge à relever pour ce site, démarrer un jeu de piste à la découverte de ce qu’on distingue encore mal.

d'abord

Parlons contexte, regardons nos murs

C'est quoi, l'ambiance ? A qui se fier ?
Ce qu'en pensent les spécialistes, ce qu'on pourrait en penser

alors...

Et si l'on voyait notre Monde comme un "Archipel" ?
C'est quoi un Archipel ? D'où ça vient ?
Qu'est-ce que ça apporte ? C'est possible ?

ensuite

Et à l'intérieur, comme des îles qui contribuent...
Comprendre et connaître les communs, les luttes sociales
le municipalisme, l'écoosystème,
les monnaies citoyennes, le revenu d'existence, et le reste...

après

Pour trouver à quoi, il va nous falloir de l'imagination :
Découvrir d'autres initiatives
Comment elles peuvent faire système
Et puis, beaucoup de poésie :
Rêver, bouger...

C’est à un monde plus que jamais « hors sol » que nous participons.

En déloger les gestionnaires, gouvernants ou lobbyistes, simples fusibles de l’Histoire, ne suffira pas à en changer le cours : d’autres, sans doute pires, les remplaceraient aussitôt.
C’est toute l’organisation du monde, qui est hors sol, ses principes, fondements, ses règles de fonctionnement, les valeurs portée, les excuses pour les guerres, la pauvreté, la course aux armements et aux énergies fossiles. Tout ça nous est vendu comme inévitable depuis Donald Reagan et Margaret Thatcher, qui scandaient en coeur :

C’était le nouveau credo : pas d’alternative au capitalisme néo libéral, à la loi du marché.
A bien y regarder, tout ça mérite de prendre un peu de hauteur!..

Merci à Jean-Pierre Goux , qui, à travers Blueturn offre une expérience unique, intime et interactive de la terre totalement éclairée et en rotation, vue de l’espace, afin de déclencher une réelle prise de conscience planétaire. Blueturn utilise les images prises quotidiennement par le satellite DSCOVR de la NASA, situé à 1,5 millions de kilomètres de la Terre, pour générer la vue magnifique de notre planète totalement éclairée et en rotation.

Des astronautes qui, loin du bruit et de l’agitation du Monde, se sont retournés pour pour voir “d’en haut” la planète qu’ils venaient de quitter, témoignent encore aujourd’hui de leur incapacité à voir, ou à penser comme avant, tant ils ont été touchés par sa fragile beauté.
Ne serait-il pas temps, pour nous-autres terriens, de mettre sur « pause » notre course aveugle, particulièrement en cette période liée au confinement, le temps de regarder derrière nous et de tenter d’y retrouver nos regards d’enfants, là où nous voyions naître tant de promesses.

Quoi faire ? Que nous manque-t-il pour agir ?

Suspendus entre deux mondes, l’un, qui ne veut pas mourir, l’autre, qui, vraiment, tarde à naître, (et c’est de ce clair-obscur que naissent les monstres, alerte Gramsci), il nous est difficile de choisir le sens du prochain pas.
Certains reculent, l’effort est rude, l’horizon incertain. Il va nous falloir imaginer d’autres fonctionnements, occuper des « ZAD » de tous genres, réparer l’irréparable, nous entraider, coopérer dans de nouvelles façons de vivre, de consommer, de se déplacer.

« Soyez donc résolus de ne plus servir et vous voilà libres ».

En 1574, le jeune la Boétie, alors âgé de 16 ans, écrivait ces mots dans son ouvrage sur  la « servitude volontaire ». Un tyran peut-il régner sur un peuple d’Hommes Libres ?

Étienne de La Boétie était un écrivain humaniste et un poète français, né le à Sarlat et mort le . Il est célèbre pour son Discours de la servitude volontaire, écrit donc, à 16 ans.
À partir de 1558, il fut l’ami intime de Montaigne, qui dit de lui, en hommage posthume dans ses Essais la fameuse phrase :

” Parce que c’était lui, parce que c’était moi “

C’est là le point commun entre les Suspendus de mon amie Sandrine, qui refusent de se soumettre à ce qui ne leur semble pas “juste”, digne de la femme ou de l’homme qu’ils sont, alors que d’autres préfèreront renverser un maître pour s’en choisir un autre.

Et, entre ne pas se soumettre et l’idéal libertaire, auto-organisationnel, il y a une vaste hésitation, largement alimentée par l’image entretenue de l’anarchiste serrant un couteau entre ses dents sales, et tenant d’une main un pistolet et de l’autre un bâton de dynamite prêt à servir.
C’est le moment de consulter un article sur Proudhon et son ouvrage sur la propriété.


C’est la notion de “Leader obéissant“, développée par le Sous-Commandant Marcos au Chiapas, qui exprime bien la forme acceptée de leadership qui entraîne et inspire, mais qui se met au service du “commun”, des notions reprises par Ada Colau maire municipaliste de Barcelone, dont on parlera plus tard.

Le refus de servir est à l’origine de pas mal de mouvements révolutionnaires sud-américains, et de leur recherche libertaire, une sorte de sagesse des origines, que l’on retrouve dans ce qu’on appelle le “Buen Vivir”, ou “Sumak Kawsay” en quechua.

C’est une notion que nous retrouverons souvent dans ce parcours, notamment ici, tant elle porte le lien entre notre passé et notre futur, tant elle témoigne de ce qui nous a tenus, nous, occidentaux, éloignés de ces peuples premiers, dont nos ancêtres à un moment de l’histoire, ont perdu le lien avec la “pachamama”,la Terre nourricière, qui n’est ni bonne ni mauvaise, et qui ne distingue pas l’espace du temps.
C’est contre ce développement mortifère à l’occidentale, cancer de notre civilisation, que ces gens_là résistent. Ils ont raison, je crois.

Un tournant décisif dans notre histoire...

” Notre histoire “, ou plutôt le récit qui nous a bercés depuis quelques générations, imprimant un sens à l’évolution, ce fameux “darwinisme” qui pose les bases de notre société moderne, productiviste et concurrentielle, désespérément individualiste.
Ainsi et quasiment sous bénediction divine, la loi est posée : “seul les plus forts gagnent”, et, malgré les prophètes anciens, l’idée que l’homme est un loup pour l’homme s’impose comme une évidence.

Les peuples d’Amérique latine, particulièrement les populations amérindiennes, qu’on nomme aussi “Peuples Premiers” protestent, de façon constante, contre la façon dont ils ont été massacrés, puis soumis, et, comme le font les peuples premiers d’Amérique du Nord, revendiquent le respect des accords signés à l’époque avec les gouvernements occidentaux,  depuis l’interdictionqui avait été ordonnée par le Pape de les réduire en esclavage, lors de la fameuse “Controverse de Valladolid“, qui eut lieu en 1556.
La controverse de Valladolid est un débat qui opposa essentiellement le dominicain Bartolomé de las Casas et le théologien Juan Ginés de Sepúlveda en deux séances d’un mois chacune (l’une en 1550 et l’autre en 1551) au collège San Gregorio de Valladolid, mais principalement par échanges épistolaires.

Bartolomé de Las Casas par Constantino Brumidi (1876)

U.S. Capitol, Senate wing

Ce débat réunissait des théologiens, des juristes et des administrateurs du royaume, afin que, selon le souhait de Charles Quint, il traite et parle de la manière dont devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu’elles … se fassent avec justice et en sécurité de conscience. La question était de savoir si les Espagnols pouvaient coloniser le Nouveau Monde et dominer les indigènes, les Amérindiens, par droit de conquête, avec la justification morale pouvant permettre de mettre fin à des modes de vie observés dans les civilisations précolombiennes, notamment la pratique institutionnelle du sacrifice humain, ou si les peuples amérindiens étaient légitimes malgré de tels éléments et si seul le bon exemple devait être promu au moyen d’une colonisationémigration.

Un film en a été d’ailleurs tiré, écrit et réalisé par l’excellent Jean Claude Carrière, dont la conclusion est ci contre, et la vidéo entière ici.Notez l’excellence de la distribution, qui ajoute à la qualité de ce récit.
Un autre épisode du même ordre, cette fois mettant en scène des jésuites, et non des dominicains, donnera lieu au film de Roland Joffé “The Mission”, témoignant de la guerre des Guaranis en 1754.

A propos de Buen Vivir, je veux vous partager le film documentaire, formidable, de Valie, “Cusco face à Goliath”, sur lequel j’ai fait un article ici, sur lequel j’ai partagé le lien du film complet.

“Le « Buen Vivir », c’est juste récupérer ce qu’on a toujours eu, c’est l’ordre, le bonheur, surtout la compréhension entre mari et femme. Nous vivons avec toute la famille, on discute toujours gentiment ensemble, avec les voisins, les cousins, et tout le monde aussi. Paix et tranquillité entre nous, et respecter notre environnement, nos « apus » (monts sacrés), qui nous entourent”

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Articles externes

De nombreux intellectuels, spécialistes, commentent la situation actuelle. En voici une sélection, tout à fait subjective, bien sûr, que je reprends à mon compte. Quand je ne donne pas mon propre avis…

  • Le combat des Sioux contre un oléoduc à Standing Rock

    Le combat des Sioux contre un oléoduc à Standing Rock

    Les Sioux de Standing Rock, dans le Dakota, manifestaient pour empêcher que l’oléoduc Dakota Access, un pipeline de 1800 km de long, ne passe sous le Missouri, près de leur réserve.
  • Caminos al Buen Vivir : Cuzco contre Goliath

    Caminos al Buen Vivir : Cuzco contre Goliath

    Un docu édifiant et formidable sur les habitants de Cuzco, au Pérou. Le « Buen Vivir », c’est juste récupérer ce qu’on a toujours eu, c’est l’ordre, le bonheur, surtout la compréhension entre marie et femme.
  • Les suspendu(e)s – Sandrine Roudaut

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    Que voulons-nous faire de notre vivant ? L’Histoire de l’humanité est suspendue à cette question, notre accomplissement également.
  • Un(e) député(e) vraiment normale… Quoique…

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    Une femme sans filtre, dont les clips de campagne sont trop, quoi... On rêve d'avoir la même chez nous! Enjoy!
  • Catherine Dorion, émotion

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    "Scusez pour l’émotion. C’est juste trop intense cette lettre. Trop intense ce que ça dit sur Nous. 😭" Une députée québécoise qui porte le "Care", vraiment
  • Alain Damasio : « Pour le déconfinement, je rêve d’un carnaval des fous, qui renverse nos rois de pacotille »

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    Interview Reporterre "Clairement, je suis en colère, mais pas contre la pandémie elle-même. Je perçois et vis ce virus comme complètement naturel. Je suis en colère contre la façon dont notre gouvernement gère cette crise d’une façon pathétiquement verticale, centralisée et ultrasécuritaire, en …
  • “Tous des enfants”

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    article de Serge Halimi sur le Monde-Diplo mai 2020 Un credo pour demain, allons nous rester endormis en attendant le prince charmant?...
  • ” Mise à l’agenda ?..”

    ” Mise à l’agenda ?..”

    Et après ?.. Une des formules de la novlangue actuelle des plus inquiétantes est celle-ci : « Mettre à l’Agenda » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Mise_sur_agenda)Voilà un anglicisme « faux-ami », qui pourrait laisser penser qu’il s’agit de noter quelque chose dans notre « Agenda », justement, …

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