Le « Buen Vivir » face à l’extractivisme

NOUVELLE VERSION MAI 2019 : 65 MNS.
Tourné en cheminant entre juin 2015 et août 2016.

Derrière les images d’Épinal du Pérou vantant ses vestiges et traditions, combien s’imaginent la lutte menée pour en garder l’essence ?
Le « Buen Vivir » andin est menacé par l’extractivisme, logique économique de pillage des matières premières du Sud, alimentant le commerce global, au détriment des territoires et des cultures locales, 14% du territoire national en concessions minières !
Que faire face aux logiques du marché mondial ?

De plus en plus de péruvien-ne-s se retroussent les manches avec cœur, créativité et détermination. Pour beaucoup il est urgent de repenser le monde en s’inspirant des communautés originaires et via le biocentrisme.

merci Valie Valie qui a tourné, collecté, monté ces images et paroles précieuses !
Contact pour projections ou échanges : v.v@caminosalbuenvivir.com

Un autre son de cloche sur l’extractivisme.

Majandra Rodriguez Accha
(collectif TierraActiva & Ong Wedo)

« Qu’est-ce qu’un pays « développé ? »
Au sein du gouvernement du Pérou et des milieux « technocrates » prédomine la vision d’un Pérou qui a besoin d’exploiter au maximum ses ressources naturelles, pour augmenter ses revenus, afin de pouvoir construire, ouvrir des écoles, afin d’éduquer les gens et ainsi de disposer de plus de « professionnels », pour que tous aient davantage de pouvoir d’achat, qu’on puisse entrer en compétition, etc… Et pour tout ça, il faut sacrifier les ressources naturelles, ainsi que les personnes qui en dépendent.
C’est donc une économie du sacrifice. 
Certaines choses, une fois perdues, sont irremplaçables, comme les rivières, les écosystèmes. Certaines entreprises pensent qu’on peut vider un lac et construire à la place un réservoir en ciment, ils pensent que ce sera toujours de l’eau. Mais ce n’est pas pareil ! »

Eduardo Gudynas (CLAES) : « l’extractivisme est une appropriation massive de ressources naturelles, pour les exporter comme matières premières vers les marchés globaux. Il est évident que les diverses formes d’extractivisme : minier, pétrolier et agricole, exercent à l’heure actuelle la forme la plus importante de pression sur l’environnement d’Amériques latine. Ils sont aussi la cause de la plupart des conflits territoriaux et sociaux, en particulier dans les zones rurales et dans les communautés indigènes. Ces matières premières sont destinées essentiellement au développement de pays « émergents » comme la Chine. Mais une bonne partie alimente des comportements de surconsommation d’appareils électro-ménagers, téléphones, ordinateurs, etc… surtout dans les pays industrialisés et au sein de nos élites, dans les pays du Sud. Mais on a aussi découvert ces dernières années, qu’en plus des impacts locaux, les extractivismes génèrent des « effets boule de neige ». Ces processus dénaturent les fonctionnements politiques, économiques, voire culturels de nos nations. ».

« Nous nous soumettons à la forme d’organisation de nos ancêtres « apus », en étant tous « la tête » du mouvement.
Le lieu de rencontre était un endroit où tu te reconnaissais en tes pairs ‘d’autres humains- « runa ».
Se retrouver fraternellement ainsi permet la construction d’un monde plus amical et harmonieux, c’est ça l’essence de cette cérémonie. »
Depuis les répressions féroces des indigènes à Bagua, les habitants de Cusco, indiens et paysans, écrivent sur un mur collectif « el Muro », les sujets invisibilisés par la presse. Au début, on les a accusés de tuer le tourisme, la police municipale est intervenue, l’affichage était difficile. Mais c’est devenu le « mur des habitants », d’autres collectifs ont rejoint, féministes, écologistes avec enfants, profs en grève.
Ce qui se gagne ici, c’est la récupération de la place qu’on avait à l’origine, sur cette place censée être sacrée, puis envahie par les touristes qui nous refoulent, nous les Cusquéniens. Les collectifs se rejoignent, chacun s’occupe de ses objectifs particuliers, mais, quand le besoin d’unité se fait sentir, on peut agir tous ensemble.

Le « Buen Vivir », c’est juste récupérer ce qu’on a toujours eu, c’est l’ordre, le bonheur, surtout la compréhension entre marie et femme.
Nous vivons avec toute la famille, on discute toujours gentiment ensemble, avec les voisins, les cousins, et tout le monde aussi.
Paix et tranquillité entre nous, et respecter notre environnement, nos « apus » (monts sacrés), qui nous entourent.

Cesar Aguilar Antrade (médiateur social)
« Attention ! Si on parle de leadership, il faut parler d’identité.
Tu ne peux pas dire à notre amie française : « on va faire de l’interculturalité » :
Sa culture contre ma culture, on va partager.
Je ne peux pas faire ça, si je n’ai pas renforcé mon identité culturelle.
Si j’ai honte de ce que je suis, je ne peux pas partager avec elle, car je dirai toujours ; « ce qui vient de toi compte, et non ce qui vient de moi ».

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